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stars of the morning sky - India



 

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 stars of the morning sky - India

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Just me
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MessageSujet: stars of the morning sky - India   Ven 3 Mar - 22:44

stars of the morning sky
India & Ange
He said what he meant; he was puzzled if you did not. Some people might have mistaken this for simplicity. But is it not a sort of genius to cut always to the heart?

Tu ne sais plus trop comment il est arrivé là. Tu ne sais plus vraiment pourquoi tu l’as ramené ici, tu ne sais plus trop pourquoi t’as eu une envie soudaine de l’aider, pourquoi tes yeux se sont posé sur ce visage un peu trop pâle pour être en bonne santé, tu ne sais pas pourquoi tu lui as dit de se soutenir sur toi et d’avancée, tu ne sais pas pourquoi tu t’es senti responsable, peut-être que tu t’es vu toi à sa place y a pas si longtemps que ça, sous le contrôle de la drogue, overdose visible et le corps qui lâche, une petite dose de trop et t’était dans le même état que cet homme un peu trop beau, visage d’ange déchu comme un démon aux ailes blanches et un ange aux ailes déchirées et ensanglantés. Tu sais pas pourquoi t’as décidé du placé dans ton lit et de le veiller, tu sais pas trop pourquoi tu as mis un verre dos et des médicaments, pourquoi tu lui as mis une serviette froide dans la tête et que tu as passé ta nuit à l’observer à t’assurer qu’il allait bien et que la fièvre baissait, à prendre son pouls et observer sa respiration, tu sais pas non plus comment tu t’es endormi pathétiquement au coin du lit, la main dans la sienne tes cheveux roux formant une sorte de couronne. Petit prince qui rêve en noir et blanc, les souvenirs qui remontent comme un poison qui était autrefois dans tes veines, les coups partant sur des corps que tu ne connaissais pas, la drogue coulant dans tes veines, et l’absence, le sevrage, la peur dans tes yeux et la douleur de tes membres attachés par force, parce que tu ne voulais pas, parce que tu étais déjà malade et que tu voulais en finir de toute façon, parce que tu ne sais pas comment il a atterri dans ces rues un peu trop chaudes, T’avais l’impression de voir encore la marque du garrot autour de son bras et ça t’a fait flipper, donner envie de l’aider, parce qu’il était beau comme toi, beau dans sa dépendance et beau dans son visage en détresse, il était beau dans ses larmes beau dans son ignorance de ce qu’il lui arrivait, et tu savais qu’il flipperait sans doute un peu en se réveillant là à côté de toi, mais c’était pour son bien, fin tu pensais, tu ne connais pas ce visage, tu ne connais pas ces tatouages, mais tu sembles connaître l’histoire, l’enfant se perdant dans une échappatoire néfaste et meurtrière, l’enfant glissant dans une pente qui finira par avoir son cœur et ses tripes, tu connais les histoires, tu connais la vie et tu connais la mort, l’enfant roux semblant un peu trop innocent et peut-être que tu l’es au fond, peut-être que tu crois tout ce qu’on dit, que tu penses l’être humain bon au fond, tu sais que des âmes se perdent dans des joies qui finiront par les tués avec le temps, tu sais que la mort est plus douce sous substances. T’es un peu le test de tout ça, le chaînon manquant, l’enfant de seize ans qui s’est sorti de la merde grâce à des parents fous, gamin qui aurait pu crever de son sevrage, et pourtant ça ne s’est pas passé, les marques, les cicatrices sur les poignets et le torse, la preuve d’un passé que l’enfant aimerait oublier n’est-ce pas ? T’es qu’un gosse qui ne veut pas sortir de sa coquille, un enfant qui veut verser des larmes, enfant qui a caressé ce visage endormi parce qu’il était un peu trop fragile, des mots qu’il aura surement oubliés au réveil, des encouragements à se battre, à survivre, à se rappeler après, à ne pas se laisser entraîner par la facilité qui serait de mourir, des mots apaisants qu’il aurait aimé avoir pour lui-même quand il était dans cette position délicate, bord de la mort et couleur qui revienne peu à peu sur le visage du bel endormi, et c’était seulement à ce moment que tu t’es endormi, combattant comme tu le pouvais ta maladie et prenant un peu trop de médicament pour lui tenir compagnie ton corps avait fini par céder à ce qu’il voulait vraiment, médicament, eau, un mot pour tout expliquer, et l’enfant dort sur le bord d’un lit qui lui appartenait, qui est celui d’un autre à présent. Ange qui ouvre les yeux, le corps se tendant pour se remettre droit, remarquant l’autre éveillé, sourire désolé, entendu, t’es toi aussi un peu perdu, pourtant ta main qui va se poser sur son front comme dans un geste libérateur.

« Tu vas mieux ? La fièvre est légèrement tombée, est-ce que tu as mal quelque part ou est-ce que t’as faim ? Tu veux que je fasse un truc ? »

Regard soucieux, comme un ami, comme un amant, tu ne sais pas qui tu es, juste un étranger un peu bizarre au regard alarmant sans doute.

« J'suis désolé si j'suis brusque ou que je parle trop… »

Lèvres qui se mordent et la main qui quitte le front du brun, l’espoir dans les yeux de ne pas l’avoir contrarié.
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MessageSujet: Re: stars of the morning sky - India   Jeu 9 Mar - 21:13

stars of the morning sky
India & Ange
He said what he meant; he was puzzled if you did not. Some people might have mistaken this for simplicity. But is it not a sort of genius to cut always to the heart?

Corps contre le tien, odeur de sueur, de tabac froid, larmes sur tes joues, tu détestais faire ça, tu avais refusé de faire ça le plus longtemps possible, jusqu'à ce que ton corps réclame des doses que de simples contrats ne paieraient pas, alors tu avais recommencé, à vendre ton corps en ayant l'impression de vendre ton âme, à te donner à des inconnus, pour des billets qui partaient aussitôt dans les poches d'autres démons, ceux qui prétendaient vendre du rêve en vendant la mort.

Tu étais rentré chez toi et tu t'étais effondré, mordant ta main pour que personne ne t'entende pleurer, frappant les murs en espérant que la douleur te réveillerait de ton cauchemar éveillé, mais tu ne te réveillais jamais, le sang coulait de tes mains, les larmes gouttaient de tes joues et rien ne changeait, juste une nouvelle journée, une nouvelle soirée dans ton enfer personnel. Tellement lassé, tellement résigné que tu ne saurais même pas dire si ce qui a suivi était volontaire, si tu étais juste épuisé, distrait ou si tu avais volontairement décidé d'en prendre plus qu'il ne le fallait, tu n'en sais rien, n'en savais rien, n'en saurait jamais rien, tu sais juste que tu es sorti après ça, dans les rues, pour observer la vie, les gens encore une fois...une dernière fois.

Tu n'as pas réalisé tout de suite, même quand tu as commencé à avoir froid, même quand tu as commencé à sentir ta respiration qui ralentissait et ta vue qui se troublait, tu n'as pas compris, jusqu'au moment où tu t'es effondré, tu n'as pas compris, comme vivant la scène au ralentis, tu t'es vu tomber sur le sol, tu as senti l'impact se répercuter lentement dans ton corps, tes membres qui refusaient de t'obéir, tu te sentais juste partir, tu voulais fermer les yeux et te résigner. A vrai dire cela faisait déjà des années que tu t'étais résigné, mais ce n'était pas le moment, pas ton heure, pas aujourd'hui, pas encore, tu te rappelles d'une voix qui t'a dit de t'accrocher à lui, d'avancer, et à travers ta vision brouillée, alors que tu sentais à peine ton corps tu l'as fait, et puis tu as sombré, tu ne te rappelles plus de rien, tu as oublié, ses encouragements, ses mots, qui t'ont aidé, à ne pas céder à la facilité, tu ne te rappelle plus de rien, tu as juste ouvert les yeux quelques heures après, dans un endroit, une chambre inconnue, avec à tes côtés une personne toute aussi inconnue, profondément endormie, gamin au visage angélique qui tenait ta main dans la sienne.

Tu n'as rien dit, attendu, un peu perdu, qu'il ouvre les yeux à son tour et te remarque, regard entendu, sourire désolé alors qu'il posait une main qui te paraissait glacée sur ton front, te posant de multiples questions. Même pas le temps d'essayer de formuler une réponse qu'il s'excusait déjà, de trop parler.
L'ombre d'un sourire naquit sur tes lèvres, ça te changeait du silence, et de l'horreur, ça te changeait d'avoir quelqu'un qui te remarquait, qui s'inquiétait.

« J'ai mal mais ça va aller»

Tu avais connu pire, tout au plus tu avais l'impression d'avoir une mauvaise grippe entre la fièvre et les courbatures, rien qui te tuerait, tu étais hors de danger.
D'un geste timide, maladroit tu as rattrapé sa main avant qu'il ne l'éloigne trop de toi, la posant contre ta joue, tu avais besoin d'un contact qui te rassurait, et de la fraîcheur de sa peau pour lutter contre la fièvre qui te consumait.
Tu as souris, faiblement, avant de lui poser la question qui te brûlait les lèvres, dont la réponse t'intriguait, probablement autant qu'elle t'effrayait

« Qu'est-ce qu'il s'est passé exactement ? La dernière chose dont je me rappelle c'est que tu m'as demandé de me tenir à toi, et puis, plus rien »

Tu détestais ça, ces fois où ta mémoire déraillait, et tu détestais d'autant plus ça que plus les années avançaient, plus les doses augmentaient, plus ton corps et ton esprit te lâchaient, te faisant perdre lentement tout contact avec la réalité.
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MessageSujet: Re: stars of the morning sky - India   Sam 11 Mar - 18:25

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He said what he meant; he was puzzled if you did not. Some people might have mistaken this for simplicity. But is it not a sort of genius to cut always to the heart?

Trop énergique, trop vivant, trop toi. C’est ça qui embête le plus les gens généralement, ce sourire, cette énergie à dépenser, ce flux de parole que tu sembles arrêté seulement lorsque tu dors ou que ton esprit se repose. Boule d’énergie qui souvent s’écroule de tout son corps, finit au sol dans un son grave, l’enfant qui n’est plus que poussière, l’enfant qui se cogne en sortit avec une radio le lendemain à l’hôpital. Gamin seul, seul quand ses crises se font violentes, quand les médicaments ne font plus effet pour un court instant, gamin perdu dans sa tête et dans sa maladie. Et c’est comme ça, tu n'as pas le choix autre que de subir ce que ton corps te fait, ce que ton cerveau lui ordonne. Tu ne sais pas trop comment ça s’est passé, pourquoi t’as ramené ce gars chez toi, peut-être que tu voulais être une âme charitable pour une fois, peut-être que tu voulais qu’une personne comme toi autrefois se sente bien, se sente aimée, se sente dans un environnement propre et doux, qu’il se sente correctement tout simplement, le nombre de fois où t’as fini dans des squats reprenant conscience seulement après avoir chauffé des gars qui ne te méritaient pas. T’étais comme ça, tu ne l’es plus, t’aimerais même oublier ces frasques d’enfant, tu aimerais effacer la douleur de ce passé dont tu ne veux pas te souvenir, tu ne veux pas te souvenir des coups que tu recevais, tu ne veux pas te souvenir de la douleur des côtes cassées, tu ne veux pas te souvenir de ton sevrage forcé, tu ne veux pas te souvenir de la mort de ton meilleur ami, mais à un moment toutes ces choses ont fait de toi ce que tu es maintenant et tu ne pourrais pas être plus heureux, assez de caractère pour remonter la pente et de ne pas y retomber. Et quand tu regardais l’endormi tu te disais que t’avais été comme lui a une époque, et que tu aurais aimé qu’on t’aide d’une autre façon que par la force et la douleur, tu aurais aimé apprendre avec de l’amour de la confiance et de la douceur, alors peut-être que ce n’est qu’utopie mais tu aimerais aider quelqu’un à ton tour. Sourire doux a l’inconnu, celui qui dit qui a mal, toi avec tes sourcils froncés qui désigne l’aspirine et l’eau d’un coup de tête, comme si c’était logique, comme si c’était normal que tu aies préparé tout ça pour son réveil.

« Y a tout ce qu’il faut à côté de toi, je suis un bon hôte. »

Agacement qui se transforme bien vite en rire, ta main forcée d’adopté un autre trajet que celui que tu voulais lui faire emprunter, ta main sur une joue bien trop chaud, sur sa joue bien trop chaud, et mouvement de pouce que tu ne pouvais pas empêcher, t’hésitait, ensuite, à répondre à sa question, alors tu te décidais à bouger, enfin, un peu, pour adopter une meilleure position. « Redresse-toi s’il te plaît. » Et tu te plaçais, derrière lui, sa tête contre ton torse, tes jambes de chaque côté du sien et ta main sur sa joue, position un peu trop intime que tu voulais prendre, parce que tu ne savais pas si ton corps tiendrait encore longtemps pendant que tu étais tendu comme une allumette prête à s’enflammer. Il voulait savoir, mais toi-même tu ne savais pas pour être honnête, tu avais seulement ressenti le besoin de l’aider en le voyant s’écrouler.

« J’sais pas en fait, je t’ai vu t’écrouler dans la rue, comme si t’étais un bonhomme en papier qu’on venait de faire brûler et puis je me suis dit que j’allais t’aider, de base je voulais juste faire une balade nocturne parce que j’arrivais pas à dormir et puis voilà. »

Tu ris un peu, doucement.

« J't’ai ramené chez moi, même si c’est petit et pas très décoré t’excuseras mais c'est pas mon point fort en fait. »

Reprends ta respiration et continu.

« Donc, j’ai veillé sur toi toute la nuit, t'étais vraiment pas bien, je ne sais pas ce que t’as pris, mais ça devait être vraiment trop fort dosé, et donc t’as fait une overdose en fait et t’as eu des poussées de fièvre et tout le bordel, c'était pas beau à voir, mais j'suis content que ça aille mieux ce matin ! »

Sourire un peu trop brillant qu’il ne verra pas, mais rire qu’il puisse sentir grâce aux vibrations qu’émet ton corps.

« Donc je t’ai foutu des serviettes sur la tête, et ta température à baisser, puis tu t’es endormi. D’ailleurs j’aime bien ton accent et tes tatouages, ils sont canons, et c’est quoi ton prénom ? Que j'sache comment le beau au bois dormant s’appelle, c’est cliché mais j’ai envie de savoir, avoue c’est un truc trop classe. »

Tu caresses sa mâchoire, alternant avec sa joue, pendant que ton débit de parole se fait un peu trop puissant, épuisant.

« Moi c’est Ange, mais tu peux m’appeler Angel, ou Angie, ça changera pas trop de d’habitude, puis c’est nul Ange comme prénom non ? Mes parents sont des enfoirés, j'suis sûr que le tien il est mieux. »

Ton autre main qui se place dans la crinière ébène que tu caresses avec douceur.

« Pardon, ça doit être embêtant. Mon débit de parole je veux dire, le fait que tu sois dans une maison que tu connais pas aussi et que tu te souviennes pas de ce qu’il s’est passé aussi, mais dans ce cas-là je parle de mon débit de… Pardon. »

Soupir que tu relâches coupant tes mots et tes idées.
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MessageSujet: Re: stars of the morning sky - India   Mar 14 Mar - 18:34

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He said what he meant; he was puzzled if you did not. Some people might have mistaken this for simplicity. But is it not a sort of genius to cut always to the heart?

Geste, réflexe que tu avais eu d'attraper sa main avant qu'il ne l'éloigne trop de toi et de la poser contre ta joue, besoin d'un contact rassurant, d'une présence alors que tu lui demandais ce qu'il s'était passé exactement cette nuit là. A vrai dire, tu t'en doutais déjà, ne le devinais que trop bien, cette douleur, cette faiblesse, tu la connaissais, c'était déjà arrivé avant, arriverait probablement encore après, fatalité, mais c'était la première fois que tu te réveillais auprès de quelqu'un et pas dans le silence, dans l'obscurité de ton appartement. Tu étais habitué à ouvrir les yeux sur le plafond poussiéreux, sur le sol bien trop froid, tu étais habitué à tout mais pas à ça, pas à te réveiller auprès d'un gamin au visage angélique, gamin qui avait pris soin de toi, continuait encore de le faire en t'indiquant des médicaments qu'il avait déjà préparé, gamin dont la présence t’apaisait, te rassurait, te calmait, presque bercé par le flot de ses paroles seulement interrompu par ses rires, bercé par ses caresses contre ta joue, sa main dans tes cheveux, tu te sentais juste bien à cet instant là et tu aurais aimé qu'il dure pour l'éternité. Depuis sept ans, depuis que tu avais quitté la Serbie, pas une seule fois tu ne t'étais senti ainsi, sept ans que tu n'avais pas ressenti ne serait-ce qu'un peu de bonheur, ou d'espoir, mais dans ses bras, pour une raison que tu n'expliquais pas, tu aurais pu y croire, tu aurais pu croire à toutes ses paroles, à toutes ses promesses même, pour la première fois depuis sept ans tu souriais, un sourire sincère, peut être un peu rouillé, qui changeait tes traits, alors qu'il s'excusait, de trop parler, d'être ce qu'il était.

« Non c'est pas embêtant, c'est...rassurant en fait, ça change du silence »

Rire qui t'échappait, rire comme ton sourire qui avait disparu depuis des années. Rassurant parce que depuis tout ce temps, perdu dans tes délires de camé, tu avais fini par te persuader que tu avais disparu, que tu n'existais plus, persuadé qu'on ne te voyait plus, de n'être qu'une ombre, qu'un corps, persuadé de ne plus avoir la moindre importance, ou alors dans le meilleur des cas de n'être qu'un déchet bon à jeter, résigné, attendant juste que tout se termine, résigné parce que tu te doutais qu'il ne te restait de toute façon plus très à longtemps à tenir si tu continuais sur ta lancée. Rassurant, parce qu'en t'aidant, en s'occupant de toi, en te parlant comme à un égal, comme à une personne normale, il venait de briser cet avenir trop sombre que tu t'étais dessiné, parce que si finalement tu existais encore pour une personne, si tu n'avais pas disparu, alors tout n'était peut être pas perdu.

« Je trouve que c'est beau Ange comme prénom moi »

Et que ça lui allait magnifiquement bien surtout, même si cette partie là, tu la gardais pour toi.

« Moi c'est India, rien de super classe désolé, mon père était, enfin il est toujours je suppose, militaire et un peu trop obsédé par son boulot, ma petite sœur c'est Charlie et je crois que si j'avais eu un frère il l'aurait appelé Delta au point où il en était »

Rire toujours, un peu plus amer cette fois, tu n'avais jamais vraiment porté ton père dans ton cœur, et encore moins depuis tes années à dériver, tu ne cessais de te répéter que s'il t'avait appris la vie, tu n'aurais pas fini ainsi. Bien sûr tu n'étais pas innocent, et partir à l'aventure comme tu l'avais fait, sans prévenir, juste pour rire, c'était inconscient, mais si tu avais appris la valeur qu'avait l'argent, si tu avais appris les dangers, tu te serais probablement méfié, et si tu n'avais pas eu aussi peur de lui, de ses yeux glacés quand il te regardait, tu aurais probablement osé l'appeler plutôt que de ne rien faire, de laisser tomber.

« Enfin...Je suis désolé pour cette nuit, normalement je dose bien mais là, j'étais juste pas bien je crois et j'ai pas fait attention. C'est con non ? »

C'était con oui, tu te revoyais encore aveuglé par l'horreur de ta journée, par tes larmes, aveuglé par les souvenirs du corps qui avait pris possession du tien, par la sensation d'être brisé, sali, souillé, tu te revoyais te mordre les lèvres pour ne pas hurler, et ne pas réfléchir à la dose que tu t'injectais.
C'était con oui, mais tu t'es forcé à ne plus penser à ça, serrant un peu plus la main de l'autre, collant un peu plus ton corps contre le sien, tu ne voulais pas laisser entrer l'horreur, dans ta bulle de bonheur.

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MessageSujet: Re: stars of the morning sky - India   Mar 28 Mar - 21:37

stars of the morning sky
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He said what he meant; he was puzzled if you did not. Some people might have mistaken this for simplicity. But is it not a sort of genius to cut always to the heart?

Toujours le sang qui bat un peu trop fort dans les veines, qui fait courir le myocarde, pulsions intérieures qui sont toujours et encore les mêmes, trop d’énergie dans ce petit corps tout frêle. Et tu te souviens, les sourires, les rires, tu te souviens les coups, l’angoisse, tu te souviens que tu n’étais que l’ombre de toi-même, tu te souviens des sourires qui se transforment en larmes, les mots d’amours qui se transforment en mots de haine, tu te souviens du sourire terrifiant qu’il t’adressait, l’autre, tu te souvins des nuits entières en larmes dans un coin de cet appartement que tu ne veux plus jamais voir. Fatalité d’une histoire qui se rejoue parfois dans ta tête, tapant dans le fond de ton crâne. Les mots rassurants que tu descendais comme une bouteille de tequila et un flacon de cocaïne, la seringue qui perçait la veine, le regard flou, l’esprit embrumé, et tu ne te souviens plus, ne veut pas te souvenir. Alors, tu te retrouves ici, dans ta chambre, cette chambre que tu affectionnes, parce que c’est là où tu combats la rechute, c’est là où tu combats la culpabilité, que tu combats l’envie de retombé malgré ton travail, malgré la fatigue, malgré les menaces de mort des anciens potes de ton ex, mort, c’est ce qu’il est, il ne te manque pas, tu t’en réjouis même, mais t’as peur maintenant, tu sais que t’auras peur encore longtemps.
Chaque fois que tu parles t’a l’impression de déranger, à chaque fois t’as peur d’être de trop, de trop exister, d’être ici et de trop l’être, t’a peur d’être de ceux qui gênent. Tu souris, pauvre gosse, pendant que tu caresses l’homme que tu ne connais même pas, pourtant tu le sens, le sait, il ne fera rien, ou du moins tu essayes de t’en convaincre, parce que t’es comme ça, que tu donnes des chances aux gens que tu ne connais pas même si ce n’est pas la meilleure chose à faire, mais il est doux, il sent bon, son corps est un peu trop chaud, même fièvre que celle que tu avais quand tu te débarrassais doucement du poison dans tes veines, purge nécessaire.

« Les gens me disent que c’est gênant et qu’ils préfèrent que je me taise. »

Souvent, parce que tu n’es qu’un gosse, qu’un gamin avec une voix un peu trop cassée, simplement un enfant qui raconte des histoires qui l’amuse.

« C’est nul, c’est un truc qui existe même pas en plus. »

Tu fronces les sourcils, il peut sûrement pas te voir mais tu t’en fiches.

« C’est genre un truc ailé qui se balade et se fout de la gueule des humains de son nuage tout pourri, j’aime pas ça. »

Le regard qui se balade dans cette chambre un peu trop vide, t’a le corps qui se tend. Mais tu ris, tu ris à l’annonce de son prénom, tu ris parce que tu trouves ça vraiment drôle et que tu ne mentirais pour rien au monde, parce que tu trouves ça drôle. Un rire, aussi pur que du cristal, pur comme l’eau de roche, pur parce que tu trouves ça vraiment hilarant.

« Si, ça l’est, je te jure que ça l’est. »

Ta main dans ses cheveux, ta main encore et encore sur cette mâchoire affreusement carrée. Il s’excuse, d’avoir mal dosé, tu le regardes observant son visage, ses traits.

« Ça arrive à tout le monde, mais faite attention. Enfin, par tout le monde je veux dire moi mais du coup ça revient au même. »

Tu te sors de cette étreinte, posant plutôt ton corps contre le sien, mais que tu viens de toucher un sujet qui est sensible pour toi, parce que tu t’en veux.

« India hein ? J’aime ton prénom, il te ressemble, il est beau. »

Tu plonges tes yeux trop foncés dans les siens.

« Si tu veux pas que je te laisse, je te laisserais pas. »

Tu lui parles comme si tu le connaissais depuis longtemps, depuis toujours, tu trouves ça bizarre, mais tu veux juste l’aider.
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MessageSujet: Re: stars of the morning sky - India   Jeu 30 Mar - 3:06

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« Les gens sont cons »

Réponse spontanée, mots qui t'échappaient sans que tu ne les contrôles vraiment, qui claquaient dans le silence, ton un peu trop violent, un peu trop amer, parce que tu ne supportais vraiment pas « les gens » cette catégorie de personne qui se permettait de toujours juger, de toujours critiquer, de toujours donner leur avis là où il n'avait jamais été demandé, « les gens » ceux qui te regardaient de haut en bas avec dégoût, ceux qui fixaient tes bras, ceux qui n'essayaient pas de comprendre avant de te condamner, « les gens » bien enfermé dans leur éthique, dans leur morale, dans leur notion du bien et du mal, « les gens » que tu ne faisais que mépriser un peu plus chaque jour, à chaque fois que tu sortais et quand tu apprenais qu'ils se permettaient même de l'empêcher de parler.

« Moi, je préfère que tu parles, ça me donne l'impression d'exister, d'être vivant et de pas juste être une ombre ou un fantôme...Tu vois ce que je veux dire ? Quand ils passent tous à côté de moi en faisant semblant que j'existe pas, parce que je suis juste une tâche dans leur paysage trop parfait, toi quand tu me parles, tu me redonnes la part d'humanité qu'ils m'ont arrachée »

Tu ne savais pas d'où te venait cette soudaine facilité pour parler, pour t'exprimer, communiquer, d'où te venait cette subite honnêteté, c'était comme si tu parlais à un ami, à quelqu'un que tu connaissais depuis des années et à qui tu faisais entièrement confiance, c'était comme ça que tu le voyais ce gosse roux, Ange, puisque c'était comme ça qu'il s'appelait, même s'il détestait son prénom et ce qu'il signifiait.
Haine et dégoût des créatures célestes qu'il était censé représenter, truc ailé qui ne faisait que se foutre de la gueule des humains de là haut, malgré toi tu ne pouvais pas empêcher un sourire de se dessiner sur tes lèvres, il était beau ce garçon, beau jusque dans le choix de ses mots.

« Ou alors, ça peut être un truc sans ailes qui m'a empêché de mourir seul dans la rue, tu crois pas ? »


Tu as continué de sourire, posant ta main sur la sienne, c'était peut ta manière à toi, un peu tordue, un peu spéciale, de le remercier, parce que tu avais bien conscience, trop cruellement conscience qu'il t'avait sauvé, tu savais que sans lui, sans la main qui s'était tendue vers toi, sans les soins qu'il t'avait apporté, tu serais juste resté au sol dans la rue, tu serais resté allongé à lentement agoniser sous les regards indifférents des passants, les fameux « gens », et tu serais mort, tout seul, dans le froid, dans la nuit, on ne t'aurait pas pleuré, à peine accordé un article dans le journal, parce qu'un junkie mort fait toujours moins pleurer qu'une célébrité décédée, parce que tu le savais pertinemment, tu étais tout en bas de l'échelle de cette société.

Tu l'as écouté ensuite continuer de parler, en silence, alors que sa main continuait de caresser tes cheveux, parler de ton prénom, qu'il trouvait beau, classe finalement, alors que chez toi il ne réveillait jamais qu'une intense perplexité, il te confiait aussi à demi-mots, mots cachés que lui aussi touchait à la drogue ou y avait touché avant de te dire, les yeux plongés dans les tiens, que si tu ne voulais pas qu'il te laisse, alors il ne te laisserait pas. Tu ne savais pas vraiment pourquoi il te disait ça, ni ce qu'il voulait dire exactement par là et pourtant, en y réfléchissant, tu réalisais que toi non plus tu ne voulais pas partir, que tu voulais rester.

« Je veux vraiment pas rentrer chez moi... »


Parce que cette fois ça t'achèverait peut être, parce qu'après avoir connu la douceur, le calme, la tendresse, tu ne pouvais pas envisager de retourner dans ton appartement minuscule et délabré, tu ne pourrais pas supporter de revoir le matelas défoncé sur lequel tu t'étais tant de fois forcé à coucher avec des inconnus pour quelques billets, tu ne voulais pas revoir les murs, revoir les trous, les traces de coups quand la douleur du manque était trop intolérable, tu ne voulais pas revoir les aiguilles, les bouteilles, les paquets de cigarettes et la vaisselle sale qui jonchait le sol, tu ne voulais pas revoir ça, tu ne voulais pas retourner dans la crasse, dans la saleté, dans l'horreur, tu ne voulais pas repenser à ça, retrouver ça. Lentement tu as essuyé une larme rebelle qui coulait le long de ta joue, te maudissant pour ta faiblesse, pour ta fragilité, espérant qu'il n'avait rien remarqué alors que tu changeais de sujet.

« Dis...T'en prends aussi ? »

Pas besoin de préciser de quoi tu parlais, il comprendrait.


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MessageSujet: Re: stars of the morning sky - India   Jeu 30 Mar - 11:09

stars of the morning sky
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He said what he meant; he was puzzled if you did not. Some people might have mistaken this for simplicity. But is it not a sort of genius to cut always to the heart?

Tu aimes, tu aimes les mots, cette voix, tu aimes ce regard, cette délicatesse que tu ne voyais pas en premier lieu, tu aimes la manière dont il parle, innocence et douceur de ceux qui en ont trop vu. Tu aimes ces yeux qui racontent une histoire précise, que tu crois connaître, que tu penses connaître, parce que tu te souviens de ton propre reflet dans un miroir, gamin de seize ans qui venait de sniffer pour la première fois, qui sentait le monde tourné et se transformais autour de lui, accro à la sensation, accro à la douleur du manque et réceptif aux coups qu’on te donnait, tu venais à rire de ta propre déchéance, et si on te demande tu diras que tu le seras toujours, déchaîné, fatigué Tu te souviens de la fièvre, de la sueur, des larmes, mélangent, cocktail angoissant qui te paralysait totalement. Gamin qui dormait la plupart du temps, victime de la drogue et de la narcolepsie que les dieux lui ont remise, comme un cadeau empoisonné, comme un don qui s’évapore dans les médicaments et le café.

Criminel de la vie, il est comme toi, gosse qui se perd sans doute depuis un moment dans les effluves de came, drogue qui fait oublier la douleur, la vie, l’angoisse, drogue qui exacerbe l’envie, les sens, un autre univers qui se construit devant vos yeux à chaque dose, ça pousse à la consommation, ça pousse à l’envie de se détruire encore un peu plus pour rendre le monde encore plus beau encore plus magnifique, pour voir les images fabuleuses, pour sentir les effets encore plus profondément, comme si la vie n’était qu’un rêve misérablement futile qui se brise en quelques mots. Comme deux amants qui se retrouvent, la veine et l’aiguille, comme une histoire qu’on cache à tous, les enfants qui ne sont pas prévenus, les adultes qui se laissent parfois noyer dans cette immensité un peu trop profonde, nouvelle, parce que personne ne prévient, personne ne dit jamais ce qu’on veut savoir, attendre, comprendre. Toi, t’es celui qui sent le sucre, qui se promène dans sa cuisine avec de la farine sur un coin de la joue, toi qui apprends, fabrique, innove, génie créatif qui ne travaille que quand il a envie de le faire, de bien le faire.

Dahlia Noir comme une seconde maison, parce que certaines personnes veulent se balader avec des proies plus jeunes à leurs bras, qu’ils veulent présenter un fils fictif ou un amant indécis, refuse de te faire toucher, embrasser, pas ça, jamais, tu ne supportes même plus lorsque tes amis frôlent ta peau parce que les souvenirs d’une violence fatiguent résonné encore un peu dans tes veines, parce que t’es qu’un gosse de dix-neuf ans qui a un peu tout vu, qui devrait être encore un peu innocent mais qui a perdu cette pureté à laquelle on s’attend en le voyant.

« Les gens sont ceux qui construisent la société. »

Les sourcils froncés l’air grave, gosse qui se sent perdu dans un monde qui n’est pas le sien. Les mots qui perlent de tes lèvres comme les gouttes d’un venin délicieusement addictif, mais tu hais ton prénom parce que tu n’y crois pas, gosse d’une famille religieuse un peu trop étrange, t’es dans une fatigue que tu assumes.

« Qui te dit que je n’ai pas d’ailes ? »

Rire d’enfant, rire cristallin qui perce le vent, atteint les oreilles, tu n’en as pas, des ailes, mais si tu en avais elles seraient d’un noir charbon, crassent qui s’installe et qui ne veut pas partir, c’est comme ça, ça sera toujours comme peu importe le nombre de tes bonnes actions. Quelques mots, des idées, des rires, une vie.

« J'veux pas que tu rentres chez toi, pour être honnête, j’ai besoin d’aide ici, comme j'suis malade et qu'y a des moments où je ne peux rien faire j’ai vraiment besoin d’un colocataire. »

Tu ne mens pas, t’en a vraiment besoin, les moments où tu t’écroules comme une poupée de chiffon où que tu t’endors pendant que quelque chose de continue à chauffer, ça t’angoisse, t’aime pas ça, l’impression de vivre dans un éternel recommencement.

La question, qui te fait frémir, que tu as poussé également en avouant, tu ne peux pas vraiment mentir.

« J’en prenais, ça fait qu’un an je crois que j’ai arrêté, de mes quinze ans à mes dix-huit ans du coup, ou du moins un truc comme ça, mes parents m’ont forcés à arrêter, à l’ancienne, tu sais attacher à un lit, c’était pas cool, mais bon, j'suis clean maintenant. »

T’as envie de t’excuser de tout balancé, tes yeux trop foncés dans les siens, indescriptibles.

« C’était mon mec de l’époque qui m’a fait essayer, j’ai genre sniffé une fois, et je me suis perdu dedans, c’était en soirée, puis après ma sœur est morte, puis y'a un an mon meilleur ami d’un cancer des poumons, enfin bon, je m’en sors comme je peux. »

Regarde que tu lui accordes, tu veux pas mentir.

« Du coup si tu veux habiter ici c’est ok, enfin, tant que tu me butes pas dans mon sommeil ça devrait aller ! »

Rire, encore, tu te fatigues un peu, ta main sur son torse, tu sens son cœur et ça t’apaises.
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MessageSujet: Re: stars of the morning sky - India   Mer 5 Avr - 23:46

stars of the morning sky
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He said what he meant; he was puzzled if you did not. Some people might have mistaken this for simplicity. But is it not a sort of genius to cut always to the heart?

« Les gens sont ceux qui construisent la société. »

En l'entendant, tu n'as pas pu t'empêcher de rire, sincèrement, léger rire qui s'échappait de tes lèvres alors que l'instant d'avant c'était une larme qui coulait le long de ta joue et que tu t'étais hâté d'essuyer comme si de rien n'était.
Si tu n'aimais pas les gens, les qualifiait très volontiers de cons, les méprisait pour ce qu'ils étaient, tu ne pouvais pas non plus te proclamer comme étant un fervent défenseur de la société, à vrai dire tu la méprisais autant que ses dits bâtisseurs, cette société qui te donnait l'impression, peut être pas si fausse d'être inadapté, mais qui en même temps ne te donnait pas les clefs, refusait de t'aider, te regardait juste couler, t'effondrer.

« Ouais...J'aime pas beaucoup la société non plus pour être honnête »

Et puis tu t'es tu, tu as laissé tes yeux se noyer dans les siens, tu as laissé ses gestes te bercer, te calmer, la douceur t'envahir alors que tu l'écoutais parler, il avait cette beauté, cette aura fascinante jusque dans le choix de ses mots, jusque dans le ton de sa voix, cette force, cette prestance, même quand il évoquait des sujets que tu devinais douloureux, sensibles, des blessures qui ne se refermeraient pas, la mort d'un ami, la mort d'une sœur, le sevrage forcé, tellement de choses douloureuses pour quelqu'un d'aussi jeune, bien trop jeune pour en avoir vu autant, tu n'imaginais même pas la violence de ce qu'il avait pu vivre, des épreuves qu'il avait été forcé de traverser.
Même si tu n'avais jamais eu de véritables amis, tu ne pouvais que trop bien imaginer l'état dans lequel tu serais si on t'annonçait la mort de Charlie, tu ne connaissais que trop bien la douleur du manque, l'impression de brûler, de te consumer de l'intérieur, toi qui frappait les murs, qui te blessait volontairement à chaque fois pour détourner ton attention, même pour seulement quelques minutes, quelques secondes, toi qui ne supportait pas, tu n'imaginais même pas l'enfer des sevrages à l'ancienne, les mains attachées, de la torture pure, des jours où ne peut que hurler.

« Je suis désolé... »

Tu as dit cette phrase en posant à ton tour une main sur sa joue, timidement, les contacts physiques étaient moins naturels pour toi que pour lui mais tu voulais qu'il sache, que tu étais là, sans pour autant lui donner l'impression d'avoir pitié, c'était loin d'être ce que tu ressentais.
Tu culpabilisais tout au plus, d'en savoir autant sur lui à présent alors que lui ne savait rien de toi, même pas ton âge, même pas ton histoire, jamais que ce qu'il avait vu, que tu étais un junkie, et ce que tu lui avais dit, que tu t'appelais India, ta sœur Charlie et que tu étais le fils d'un militaire, c'était peu, tellement peu, bien trop peu, alors tu as décidé spontanément de corriger ça, de raconter, de te confier.

« Je suis né en Serbie, je faisais partie de ce qu'on pourrait appeler les privilégiés, ils avaient une expression pour ça là bas, ils disaient la jeunesse dorée enfin...peu importe, pour mes 18 ans, l'âge de la majorité, j'ai eu une grosse somme d'argent, le genre de somme qui ferait perdre la tête à n'importe qui et j'ai décidé de me tirer du pays sans prévenir personne, faire un road trip pour m'amuser, je sais j'avais pas vraiment le sens des réalités »

Un sourire s'est dessiné sur tes lèvres malgré toi, entre douceur et moquerie, même si tu le maudissais le petit India de 18 ans, même si tu maudissais ce gamin là pour ce qu'il avait fait de toi, tu ne pouvais pas t'empêcher de ressentir une forme de tendresse pour lui, de la nostalgie peut être aussi, tu te revoyais avec tes idées, tes rêves plein la tête, t'avais 18 ans et tu te croyais le maître du monde, t'avais pas mérité ça.

« Je te fais pas un dessin, à un moment je suis simplement arrivé à cours d'argent, les cartes qui passaient plus et aucun moyen d'appeler mes parents, de toute façon j'aurais jamais pu justifier ce que j'avais fait, ou mon père m'aurait dit de me démerder donc pour ce que ça changeait...Alors je suis resté dans la rue, j'ai fait des rencontres, qui m'ont dit que pour un gamin comme moi, pas majeur, sans papiers, y avait pas beaucoup de solutions pour survivre, bref j'ai dealé, et j'ai sombré en même temps, c'était y a 7 ans »

7 ans, ça paraissait long comme ça et pourtant pour toi, pour qui les jours étaient tous les mêmes ça ne l'était pas, tu avais juste fini par te noyer, perdre la notion du temps, avec pour seul objectif, vivre un jour de plus, survivre encore une journée. Tu as décidé, de volontairement occulter le sujet de la prostitution, ton histoire était déjà assez pathétique, assez tragique, sans en rajouter encore plus, sans lui dire en le regardant dans les yeux que tu vendais ton corps à des inconnus, que tu les laissais te faire ce qu'ils voulaient contre quelques billets, tu n'avais pas envie de le choquer, pas envie de le dégoûter, préférant rediriger la conversation vers un sujet un peu plus léger.

« Promis je serai sage, c'est quoi les conditions pour être ton colocataire ? »

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